Cette reconnaissance est le fruit d’une tradition et d’un croisement permanent entre sciences et savoir-faire. La pommade Samson, le parfum à la guillotine remplacent les cosmétiques d’antan… Les temps sont à la peur.En réaction, à peine Thermidor passé, Incroyables et Merveilleuses s’aspergent de parfum à la muscade et tentent d’oublier en s’étourdissant les malheurs passés. La beauté est déjà plurielle. La peau hâlée qui a fait le désespoir de plus d’une par le passé est désormais le canon à atteindre. L’innovation dans le domaine de la formulation fait de grands bonds en termes de sensorialité, d’aspect dans le pot et application.Les produits cosmétiques doivent leur évolution constante aux apports successifs de la chimie des solutions, de la chimie de synthèse, de la chimie des polymères et plus récemment, de la chimie des colloïdes.
L’aube de l’usage cosmétique est finalement arrivée dans la seconde moitié du 19ème siècle lorsque la révolution industrielle et les grands progrès de la chimie (parfums chimiques) ont permis une production beaucoup plus facile et variée de divers produits cosmétiques. Le tressage des cheveux, la réalisation de colliers à base de coquillages ou de produits de maquillage à base d’argile constituent des moyens moins traumatisants mais tout aussi efficaces pour circonvenir aux critères de beauté en vigueur. Les aristocrates à la lanterne ! Les premières utilisations des cosmétiques sont presque aussi anciennes que lHomme. Les rites initiatiques permettant de passer de l’adolescence à l’âge adulte sont rudes et nécessitent du courage. Le bain obéit à un rituel bien précis ; les parfums sont consommés sans modération et parfument aussi bien l’atmosphère que l’eau du bain. Ce secteur regroupe des métiers nombreux et variés liés aux activités de recherche (transformation chimique de matériaux, de substances ou de composants en nouveaux produits), de production, de vente et de contrôle qualité. Des plumes et ornements d’une hauteur extraordinaire, des robes et quolifichets, autant de prétextes pour amener un peu de bonne humeur dans une cour vieillissante et sclérosée.La Révolution française met un frein à une consommation de poudre jugée excessive. Si les grecs ont inventé la beauté comme le pense Jean d’Ormesson, les romains se sont, quant à eux, passionné pour les cosmétiques. Dans son ouvrage « Divine proportion », il propose un nombre d’or permettant de réaliser des formes géométriques qui donnent l’illusion de la perfection. L’aqua admirabilis ou eau de Cologne est inventée par Paul Féminis. Etre beau est l’apanage de l’adulte. De la gymnastique pour sculpter le corps, des cosmétiques pour parer aux disgrâces naturelles. C’était aussi une façon de montrer son statut au sein de la tribu ou son appartenance à un clan, et bien sûr d’avoir aussi une chance de séduire. La cosmétique est une science pluridisciplinaire associant sciences pures et sciences appliquées et intégrant connaissances en biologie, chimie, biochimie, formulation, physiologie, psychologie, sociologie, sciences neurosensorielles, pharmacie…Les cosmétiques les plus anciens ont été retrouvés dans les sépultures en Égypte et remontent à la 1Toute la mémoire de ce raffinement de soin et de maquillage a brutalement disparu avec les guerres incessantes et les incendies successifs de Rome après 390. La perfection n’étant pas de ce monde, chacun cherche par un moyen ou par un autre à mettre en place les artifices qui conduiront à l’illusion de la beauté. Les recettes abondent. Il est de bon ton de ne pas « offenser l’odorat » de son voisin. J.C.), la beauté est une arme spécifiquement féminine. Nos rois de France n’échappent pas à la règle. La fin du XVIIILes grandes révolutions en termes de formulation n’arriveront réellement qu’après la Première Guerre mondiale, grâce notamment à l’utilisation de dérivés issus de la chimie du pétrole puis, à partir de 1940, grâce à la synthèse de nombreux tensioactifs. Propreté (du corps, des dents), et blancheur éclatante sont recommandés.