3 La foi est religieuse. Avant d’être une discipline d’étude, il s’agit avant tout d’une certaine manière de voir le monde, de le questionner. Je dois avoir confiance dans ma capacité de réaliser ce que je dois faire. Parmi ces concepts Une fois comprise la double limitation, considérons la double transgression. S’il est vraiment nécessaire pour que j’aie confiance en moi que je sois libre, alors je dois croire en ma liberté. Croyance rationnelle exemple. C’est le point essentiel : à la fois le plus important et le plus déconcertant.Mais qu’est-ce que la foi représente par rapport à la raison ? Or il ne peut plus être un exemple pour nous s’il est divin, et si chacun de nous peut prendre prétexte de cette divinité pour renoncer à son effort moral en se disant : «après tout je ne suis qu’un homme, et je ne saurais donc atteindre ce qu’un Dieu seul peut atteindre ». Le devoir engendre sa propre possibilité, puisqu’il n’a besoin de rien. Kant ne dit justement pas cela. Indépendant, le site est maintenu par une équipe d'anciens étudiants en sciences humaines, aujourd'hui professeurs ou journalistes. C’est que pour Kant, comme le notait Ferdinand Alquié, la loi morale est en nous, elle est la structure de notre être. Si on admet, si peu que ce soit, qu’elle a besoin de quelque chose, qu’elle doit tenir compte d’un Dieu ou d’un pouvoir ou des circonstances, c’en est fini d’elle.Et c’est justement parce qu’elle n’a besoin de rien qu’elle engendre un besoin, prétend Kant. Notre connaissance finie doit donc mobiliser deux facultés : d’un côté la faculté passive de recevoir ce qui nous est donné : la sensibilité, faculté des intuitions ; de l’autre la faculté active de le concevoir : l’entendement, faculté des concepts.Une fois qu’on a bien cette dualité en tête, on peut comprendre pourquoi il y a deux limitations : du côté de la sensibilité nous sommes limités, du côté de l’entendement nous devons nous limiter.Du côté de la sensibilité, nous ne pouvons connaître que ce qui nous apparaît, les phénomènes.
Pourquoi dit-on généralement que la croyance est irrationnelle, comme si une croyance, du fait même d'être une croyance, était irrationnelle ? La foi, dit Kant, est un "besoin" de la raison. Ce n’est pas de la grâce de Dieu, c’est de la présence en nous de la loi morale que dépend notre salut. Une place est donc bien laissée à la possibilité de croire en la liberté, mais aussi à la possibilité de croire en Dieu, ou de croire à l’immortalité de l’âme.La place de la foi est ouverte, mais ce n’est encore qu’une place, une simple possibilité de croire. Le Christ est l’homme exemplaire, l’idéal de l’humanité. C’est même la quintessence de la faute morale. Il n’est pas un sauveur dans le sens où il prendrait sur lui nos péchés. Le principe fondateur de la philosophie est sans doute ainsi l’étonnement, qui provoque et suscite le questionnement. La double suppression du savoir et la place de la foi Autrement dit : « je dois donc je peux ». Et je dois croire à une juste rétribution de mon mérite, donc j’ai besoin de croire en l’existence de Dieu.Pourquoi faut-il croire à l’immortalité de l’âme ? Car celui qui se croit esclave le sera à coup sûr.Voyons maintenant ce qui concerne l’existence de Dieu et l’immortalité de l’âme. 5La première approche privilégie l’analyse rationnelle de la croyance. Il n’est que juste (mais pas plus que juste) que l’homme vertueux, c’est-à-dire l’homme qui entre tous serait digne d’être heureux, le soit.Les deux postulats couplés, immortalité de l’âme et Dieu, représentent chacun un des deux côtés du mérite. Leur intérêt est multiple.La modération des commentaires est activée. C’est en cela que le Christ est un sauveur, en cela seulement. La question de la vérité est donc toujours éthique et politique parce qu felle engage ma personne et le rapport à autrui. : l’espace. La souffrance du Christ est une souffrance humaine, une souffrance d’exemple : un homme peut souffrir et atteindre la perfection.C’est le point le plus délicat : comment traduire dans une philosophie de la justice l’injustice absolue de la grâce, comment traduire dans une philosophie où l’homme doit par sa vertu se rendre digne du bonheur l’idée que notre petit mérite compte pour peu de choses et doit être compensé par la grâce infinie de Dieu ?Chacun de nous, convient Kant, sait très bien qu’il ne mérite pas d’être sauvé : où qu’il en soit de son progrès vers la vertu, il sait que sa dette est telle qu’il ne peut s’en acquitter. 1 La foi est rationnelle. Mais pour la raison pure pratique, il est moral de croire : il faut croire. Les raisons de la croyance.